Dans sa parution du jeudi 13 juin 2019, le journal de Pépin  Haman Mana a qualifié la répression de la marche insurrectionnelle du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) du  08 juin 2019  et de bien d’autres qui l’ont précédé de « la traque au faciès ».

Par cette allusion, le rédacteur de cet article  et son journal  se sont comportés comme  une milice  au service d’un groupe de  pression dont la tête pensante serait le MRC. Une publication qui visait à monter un groupe ethnique contre les autres et susceptible de plonger ainsi le Cameroun dans le chaos comme ce fut le cas avec le Rwanda  il y a bientôt trois décennies.

Le journal Le jour s’impose sans gêne en fervent  défenseur non seulement des actes posés par les militants dudit mouvement  tant sur le plan national que sur le plan international mais aussi  et surtout en avocat de son promoteur.

Au Cameroun, cela est connu de tous, le journal l’Action a été créé par le Rdpc dont il promeut les activités et le quotidien Le jour quant à lui traite depuis sa création, des informations générales. Seulement, l’engagement du journal  le Jour à soutenir un parti précis en s’éloignant de la déontologie  sous l’impulsion de son  Directeur de publication  Haman Mana (pourtant brillant journaliste selon plusieurs personnes qui elles ne souffrent pas de problème de faciès), a  fini par faire tomber son masque. Sa grande une  du jeudi  13 juin 2019 qui marquait en réalité sa 2950ème parution a amené plusieurs personnes à dire qu’il a franchi la ligne rouge.

Après avoir traité les forces de l’ordre de sauvage dans l’une des parutions, le journal de Pépin Haman  Mana a à nouveau « fait mal » pour emprunter une expression vulgaire au Cameroun, en qualifiant les interpellations au lendemain de la marche insurrectionnelle à Yaoundé, du 08 juin 2019 de « Traque au faciès », une façon de dire que les interpellations avaient une forte connotation raciste ou tribaliste. Cette Une a suscité plusieurs réactions tant  chez les internautes qu’au sein de la classe politique camerounaise.

Dans l’article relatif à ce titre contenu dans la page 5 du journal, notre confrère indique que lors des marches blanches organisées le 8 juin 2019, par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, « plusieurs personnes ont été interpellées sur la base de leur appartenance ethnique ». Pour s’en défendre face au tollé général que cette parution a suscité, le journal indique dans sa Une d’hier lundi 17 juillet 2019 que : « Nous avons relaté les faits ».

Les vérités qui étalent les mensonges d’Haman

Dans une interview accordée au journal en ligne, « Le Bled parle »Haman Mana affirme: « les gens ne doivent pas réagir à notre Une. Les gens doivent réagir face à la police et à la gendarmerie qui, lorsqu’ils arrêtent un manifestant, systématiquement on lui pose la question « tu es d’où ? ».

A partir de la question posée tu es d’où ? Le journal le Jour « tue » l’information contenue dans sa grande Une et qui a trait au Faciès et à l’action qu’aurait mené ou que mènerait à l’heure actuelle les forces de maintien de l’ordre et de sécurité  dont les éléments seraient tous d’une ethnie, celle à laquelle appartient celui qui à gagner l’élection présidentielle du 07 Octobre 2019.

Toute chose qui ressemble étrangement à une véritable mise en scène, quand on sait que, parmi les personnes interpellées au cours de ladite marche se trouvent bien des originaires des dix régions du Cameroun. La preuve, sa majesté Biloa Effa, chef traditionnel de 3e degré dans l’arrondissement de Yaoundé II, fait partie des personnes interpellées. Comment dans un tel cas, l’on peut parler d’une traque de faciès, si ce n’est une réelle volonté de semer le chao? Les camerounais dans leur grand ensemble s’acceptent et vivent en parfaite harmonie ou du moins pour emprunter une expression de l’ancien gouverneur de région Abakar Ahamat, les Camerounais savent vivre côte à côte ».

Le tribalisme prôné par certains leaders politiques visiblement mal embarqués, ne  peut servir que leurs intérêts égoïstes. Jouer au jeu de ces derniers est une façon à peine voilé de s’associer au crime.  D’ailleurs, il ne coûte rien à un journaliste un peu intelligent de monter de toute pièce des témoignes pour servir une cause.

Quoi que le promoteur de ce journal puisse affirmer aujourd’hui pour justifier cette prise de position claire en faveur d’un parti politique, même s’il faut reconnaitre que la loi ne le condamne, mais il reste que des appels à l’insurrection ou encore à la guerre entre les tribus constitue, une dérive inacceptable.

On penserait que les Forces de l’ordre du Cameroun sont constituées essentiellement des ressortissants d’une ethnie et qui prennent le vilain plaisir à interpeller tous ceux qui ne font pas partie de ladite ethnie. Il est toujours évident pour certains de dispenser des savoirs alors qu’eux-mêmes sont dans l’incapacité de franchir le pas lorsqu’il est question de mettre en pratique leur enseignement.

Si l’on est libre de militer dans n’importe quel parti politique, l’on n’est pas du tout libre de vouloir diviser un peuple qui est uni dans sa diversité en propageant des informations conflictogènes via un quelconque organe de presse.

 

Jules Brice Ngaba