La pseudo-information a été diffusée via un message sur les réseaux sociaux du lanceur d’alerte Boris Bertolt. Celui qui se présente comme journaliste prétendait dévoiler un énorme scandale autour de la sécurisation des ports de Douala et de Kribi.

Bertolt est connu pour avoir un réseau d’informateurs efficace, et il use de cette aura afin d’abuser ses lecteurs afin de leur faire croire des demi-vérités qui sont en réalité des mensonges complets. Les motivations qui se cachent derrière de tels agissements ne sont pas difficiles à découvrir.

38 millions d’euros. C’est le montant apparemment astronomique que dénonce Boris Bertolt dans les quelques lignes qu’il consacre à ce qu’il nomme un simple contrat de “gardiennage” des ports de Douala et Kribi.

Il y accuse certains membres du palais présidentiel d’avoir fomenté une énorme affaire de corruption.

Des faits partiellement rapportés

Boris Bertolt est réputé pour être un homme de réseau, et avoir de nombreuses connexions dans de nombreux milieux au Cameroun. C’est dire si sa parole est écoutée, et les faits qu’ils dénoncent sont donc scrutés avec intérêt.

Le message qu’il a donc diffusé autour des contrats de sécurisation des ports comporte des éléments vrais, cependant en ne donnant pas à ses lecteurs l’intégralité des faits et en usant d’un vocabulaire biaisé, il prend la grave responsabilité de les induire en erreur.

Ainsi, lorsqu’il dénonce la drastique augmentation du montant du contrat biannuel permettant de sécuriser les ports de Douala et Kribi, il indique que le tarif passe de 1,5 million d’euros à 38 millions d’euros. D’autre part, il estime qu’il s’agit d’un simple gardiennage qui est effectué autour des installations portuaires.

Pourtant il n’en est rien. Bertolt omet volontairement de préciser que le Cameroun a entrepris une modernisation importante de ses installations portuaires afin de se maintenir dans les standards internationaux de sécurisation des points d’entrées sur son territoire. Cela se traduit par des caméras de surveillance, des capteurs laser, des détecteurs de mouvements laser, des radars, et des points à bascule ainsi que des scanners ultra-modernes. À cela s’ajoutent la création et la formation d’une “task-force” de 400 personnes. Un gouffre sépare ce qui se faisait précédemment et les nouvelles procédures de sécurité, le même gouffre qui sépare la réalité des propos de Boris Bertolt.

L’agenda politique de Boris Bertolt

Afin de comprendre le comportement et la ligne éditoriale de Boris Bertolt, il suffit de suivre la manière dont il retranscrit toute l’actualité du Cameroun, et en particulier son soutien ouvert à l’ancien candidat Maurice Kamto.

Il ne dénonce pas simplement le président Paul Biya, mais les accusations qu’il porte contre les autorités camerounaises découlent directement de sa volonté de voir un jour Maurice Kamto à la tête du pays.

Dans un tweet en date du 7 février dernier, Bertolt ne se cache plus et écrit “ “Monsieur le président élu KAMTO Maurice, de cet enfer tu reviendras en héros et nous te porterons en triomphe”.

À la lumière de tel propos, chacun peut comprendre la nature réelle des “informations” que Bertolt communique et réaliser qu’il s’agit de fake news.

Par Paul Kamdem, Leader d’opinion et activiste web